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Les
petits vendeurs de misère,
Vous
les croisez souvent sur les grandes artères de la capitale,
les
cheveux ébouriffés, le visage chafouin, les
yeux agrandis
par les nuits de mauvais sommeil.
Il y a ceux qui s’accrochent à votre bras,
quémandant une pièce ou deux,
dans une litanie cent fois répétée.
Et ceux qui, pas plus haut que trois pommes,
vous proposent cigarettes, chewing-gum, journaux ou cacahuètes.
Il y a ceux qui, été comme hiver, tendent de leur bras chétifs,
du pain “maison” aux voitures déboulant sur l’autoroute.
Ceux qui arpentent sous un soleil de plomb,
les plages bondées d’estivants, chargés comme des bêtes de
somme
de couffins où s’entassent pêle-mêle biscuits, chocolat, thermos
de café...
Eux ce sont ces enfants que la misère a jeté à la rue;
la misère mais aussi l’inconscience et la cupidité de certains
parents
qui voient en leur progéniture une force vitale à exploiter.
La pauvreté ne saurait en aucune manière justifier l’ abandon de
ces nainots des journées entières, car la rue leur ravit
leur innocence et
les initie à tous les vices.
Aujourd’hui, il est plus que jamais urgent de faire valoir les droits
de l’enfant: droit à la scolarisation,
droit à la protection, droit à l’innocence.
Alors préservons leur une part de rêves...
SISSI
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