SDF


  8h du matin , Alger centre; des masses  tapies dans l’ombre 

encombrent çà et là les trottoirs de la capitale;

  ils sont de plus en plus nombreux à hanter les rues d’Alger

 et probablement d’ailleurs.  Hommes, femmes, enfants aux mines défaites, aux regards vides et fiévreux, aux corps décharnés par la faim, les rigueurs de l’hiver et souvent la maladie.

 Ils souffrent en silence dans l’indifférence générale ,

 parce que 30 ans de socialisme ont donné aux gens la parfaite illusion 

d’être tous égaux, à l’abri de la pauvreté et de la faim.
Nous sommes complices, par notre silence et notre mépris ,

 de la détresse de ces jeunes femmes chassées du foyer familial

 et mises en marge de la société ,  du désarroi de ces hommes
à qui on refuse le droit à la dignité .
   Qu’ importe les raisons qui ont poussé ces algériens à la rue,

 le fait est qu’ils existent et éviter de croiser leurs regards ne résout 

pas le problème.   Nous assistons, stoïques, à la descente aux enfers

 de familles entières à qui il ne sert à rien d’opposer des arguments tels

 que dévaluation du dinar, F.M.I , crise de logements ,lois du marché...    Il est temps de prendre conscience que même en Algérie -

 cette Mère nourricière aux richesses inépuisables (!) -

 des citoyens couchent sur des cartons graisseux,

 survivent de nos restes et encaissent ,la mort dans l’âme , 

notre indifférence et nos regards dédaigneux...
    Parce que des masses tapies dans l’ombre encombrent 

çà et là les sombres recoins de notre    conscience collective...

 

SISSI.