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Poisson d'avril?
Dorénavant, si vous avez, pour votre plus grand malheur, un poignard jonché théâtralement sur votre poitrine, envoyé par un soûlard, qui faute d’eau s’est converti vers d’autres boissons, moins recommandées mais plus apaisantes, et que vous devez vous rendre impérativement à l’établissement sanitaire le plus proche. Ou si vous vous êtes fourré dans une marche à Béjaïa, pour une cause que vous-même ignorez les limites, et que par pur hasard une balle venait à se perdre dans votre lobe temporal, alors que vous souleviez une banderole, omettant d’essayer de la lire, vu qu’on vous jamais enseigné le tamazight.
Ou si vous êtes envoyé comme missionnaire à Ramallah, pour apporter un sandwich à la sœur jumelle de votre grand-père, qui inopinément se trouve la secrétaire du gardien de la cour du quartier général de l’OLP, et qu’une roquette vient longer votre mèche soigneusement coiffée par un gel ultra fixant, proposé par l’animateur de «mesk Ellil ». Ou si vous vous êtes égaré dans une ruelle à Grenoble, et qu’au moment ou vous alliez jeter un sourire exquis et narquois à la blonde qui vient de sortir du café, ayant des idées lugubres et paradoxales, et oubliant votre fiancée qui s’est noyé le 10 novembre passé à Bab El Oued, un cocktail molotov s’échoue dans la synagogue juste à côté, et comme vous êtes d’un physique typiquement soigné à l’algérienne, on vous met au clou, et on contacte vote vieille mère, pour élucider vos tendances, et essayer de retrouver votre bulletin de vote de 1991, pendant qu’on vous fait lire, accidentellement, une lettre provenant de Kandahar, et contenant la fameuse bactérie du charbon.
Ou si vous vous êtes coincé entre Bel-Abbes et Saïda, cherchant minutieusement un album introuvable de Cheb Mami, et qu’au moment où vous tombez sur la cassette tant convoitée, illustrant le portrait de l’artiste s’affichant dans une chemise rose à petites fleurs, des rafales assourdissants vous signalent que vous êtes englouti dans une embuscade sanglante, et que si vous y échappiez, vous serez considéré comme un miraculé suspect. Ou si vous aviez, un beau jour de printemps, décidé de prendre le bus reliant La place Audin à El Madania, ayant comme intention la visite de l’un vos vieux potes, paralysé un certain 5 octobre 1988, parce qu’une maudite balle lui a franchit inconsciemment la colonne vertébrale, alors qu’il s’apprêtait à chausser sa nouvelle Stan Smith, dérobée au Monoprix du quartier, et que vous vous faîtes piétiner par la foule qui s’impatiente depuis quelques heures, à l’instant où vous donniez un coup de main à la vielle dame qui tentait de se mettre dans le bus féerique. Ou si vous étiez par malchance à New York, le 11 septembre dernier (j’aurais volontiers mis par chance, mais ceci serais dérisoire de ma part), et que vous entamiez le hall de l’une des Twin Tours, pour rencontrer enfin, une amie virtuelle, que vous avez réussi à séduire, avant que le Yahoo Messenger devienne payant, et qui se portait volontaire pour un mariage à blanc, à condition de lui enseigner le découpage de la « baklawa », et que vous avez appris en observant Saïda Rezki, un jour où votre parabole s’est fait descendre par un violent vent de sable, qui a su se ferrer un chemin entre les arbrisseaux du Sedd Alakhdar, plantés par des jeunes appelés, il y a de cela une trentaine d’années, cependant vous ne verrez jamais votre copine, d’après les rumeurs qui courent ; elle a été heurtée par un avion ! Ou si votre grande sœur s’est encore ramener chez vous, avec sa horde implacable de bambins, que vous n’avez jamais réussi à retenir les prénoms, et que vous décidiez, vu l’étroitesse de votre cabane, de passer la nuit sur un lit d’hôpital, je vous conseille d’y mettre un peu de ce qui vous reste de raison, car je vous préviens, dorénavant, c’est pas gratis, ça demande des flouss, ça nécessite des billets, ça implique de la tune, ça vous prend du fric, ça réduit votre compte bancaire, déjà médiocre, ça vous vide les poches, ça vous enlève le pain de la bouche de votre femme et de vos enfants, en un mot : Dorénavant c’est payant, et à chaque fois que vous vous retrouvez dans des circonstances, telles que je viens de citer, et qu’il est vital de vous pointez au pavillon des urgences le plus proche, va falloir vous emplir les poches, et si on vous invite à y passer la nuit, n’oubliez surtout pas votre carnet de chèque, et gardez toujours le réflexe de le signer avant d’être admis, car la probabilité que vous n’y sortiez plus est assez élevée. Seulement une question nous préoccupe : « Ou ira cet argent ? » Personnellement, je préfère me casser les méninges a essayer d'apprendre les prénoms de mes petits neveux! |
| Conception et Réalisation: Jamil. Design: D.Malik. Conseils: Karim, Dj Ade!, FMalik et Hchicha | ||