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Carton
vert pour le peuple.
« Une équipe de foot à Zéralda a été éliminée… »
Ainsi le peuple se perd, encore une fois, dans une forme léthargique d’un
laxisme inconstatable, mais prouvé par
des penseurs surnaturels, et surtout surhumains, visant par cet acte,
qui à lui seul, détermine toute une idéologie
froussarde, immonde et mollasse .
Le
peuple se perd entre des bidons, remplis et vides, entre une soif inassouvie
et un désespoir assouvi dans tout ses recoins assombris par l’entassement
de couches impénétrables de craintes, de frustrations et de frayeurs.
Le peuple se sert, dans un dernier de souffle de vie, dans un omnibus
bourré jusqu'à fondre ses entrailles, jusqu’à
l’éclatement de ses veines fragiles, pour qu’au terminus, tant attendu,
il bénéficiera d’une mort gratuite, effrayante, méprisable et abjecte,
d’une mort collective.
Le peuple a peur, le peuple vit dans une continuelle agonie, une éternelle
épouvante, une interminable anxiété, une incompréhensive inquiétude, une
épouvante de rater le petit déjeuner auprès d’une femme adorée, de ne
pouvoir assister à une fiévreuse finale, de louper les résultats du Bac
d’une fille gâtée, d’avorter ses retrouvailles avec une plage languissante
sous un soleil apaisant, que les rayons vous ferons oublier vos tourments
les plus persécutants, d’une longue année de boulot acharné et atrophiant.
Le peuple se voit coupable de ses propres misères, accusé de manque de
vigilance, il est livré, dans un instant d’euphorie, à sa propre personne,
une personne démunie, vulnérable, nue, vide anéantie et frileuse.
Le peuple n’en peux plus, le peuple se saoule des leurres des racontars,
d’images incurablement transmises sur une chaîne orpheline des pensées
cavalières, le peuple s’assoupit sur un rythme régulier de vibrations
vocales incessantes et martyrisantes.
Le
peuple est abattu, à force de remplir ses bidons d’eau, à force de vider
ses corps de sang.
Le
peuple meurt, et il n’y aura que le silence, accablant et assourdissant,
pour accompagner ses funérailles imprégnées de prostration et d’apathie.
Le
peuple se remémore, dans un accès de fatigue, une date affligeante, la
date du début de la fin, la date d’un crime
concrétisant toutes les formes de complot, de corruption, d’irresponsabilité
et de lâcheté.
Le
peuple se souvient d’un souverain, venu d’ailleurs, venu avec des idées
saines, venu non pour sauver, mais pour assister le peuple, l’assister
dans ses marasmes, le soutenir dans ses chagrins et sa douleur.
Le
peuple, toujours désigné par le laxisme, regrette ce personnage époustouflant
qui, comme ce même peuple, a été laxiste.
Le peuple pleure ses enfants, qui disputant un match de fortune, se sont
vus arbitrés furtivement et du coup éliminés dès le premier tour, éliminés
pour le reste de leur existence, de tout terrains de foot, de toutes sortes
de jeux.
Le peuple pleure un président, un ami, une amante, un ouvrier, une bonne,
un frère, un neveu, une tante, lui-même. Mais le peuple est là, et il
y sera toujours, séduisant, charmant, passionnant et patient, même traité
de tout les noms, et craché à tout bout de champ, il ne se laissera faire,
car ce peuple possède de la colère, de la révolte, de l’ambition.
Faisons confiance au peuple.
«…par des balles réelles. »
H.Hocine
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