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ça tombe sous le sens !
" Penser, ça fait mal aux yeux "
Pessoa
Une étude socio-psychanalytique des plus pertinente
vient d'être publiée dans la célèbre revue algéro-algérienne
"The Medical Khourti of Algeirs University".
Celle ci porte sur les comportements anthropologiques
de milliers d'étudiants, plus particulièrement ceux
de Médecine, qui comme chacun le sait ont pour fameuse
devise : " Khebache un jour, Khebache toujours " Cette
étude, réalisée par le grand (de taille) professeur
RABAH SUJET a été régionalement saluée par ses camarades
de beuverie et le collectif inuit pour la défense
du thon de Tasmanie.
Le Professeur R.S a tenté et réussi le pari fou de
poser la question ô combien kantienne de savoir si
faire des études dans ce pays conduit inéluctablement
au nihilisme intellectuel, à l'apathie neuronale,
à la dislocation du bulbe, en d'autres termes : à
l'arriération mentale avancée.
Et si la réponse est évidemment OUI - il suffit pour
s'en convaincre de discuter 5 mn avec un étudiant
choisi au hasard - le Pr. R.S, dans sa décortication
du comportement estudiantin, s'éloigna de l'étude
de l'inconscient collectif (Economie de marché oblige)
et opta pour l'analyse du subconscient de certains
sujets-type, volontaires à leur insu et choisis parmi
la " crème " des étudiants de 3e année des CHU Mustapha
et Maillot, dont le " jeu de coudes " et la passion
pour les attroupements nauséabonds à l'entrée des
amphithéâtres sont légendaires ; sans parler de l'exacerbation
d'une mythomanie devenue commune et révélatrice d'un
" Moi " hypocrite et égoïste, qui par défaut d'éducation
et absence de censure (censure comme notion psychanalytique
évidemment), a définitivement entravé l'évolution
vers un " Moi " social et fait place à un " Sur-moi
" métamorphosé où les théories freudiennes montrent
leurs limites, mais devant lequel le Pr. R.S introduit
la notion du " Dez Mâahoum ", sur laquelle s'articule
la bigbangtesque théorie du " Après moi, c'est le
déluge ".
Rencontré en marge du 178e colloque de la Société
Algérienne de Khebzologie Appliquée, notre professeur
semblait plongé dans une profonde méditation sur la
marque de sa prochaine voiture et le choix de sa deuxième
femme, mais il accepta tout de même de répondre à
quelques-unes de nos questions " pour le bien de l'humanité
" précise t-il. Il nous expliqua donc en tentant de
déchiffrer discrètement les quelques phrases griffonnées
sur la paume de sa main, que le " Sur-moi " est un
" Moi " inhibé par l'éducation. Puis s'interrompant
en semblant chercher ses mots, il plongea nerveusement
son bras (l'autre détournant l'attention) dans un
sachet noir faisant office de cartable et finit par
en sortir un livre de psychologie non identifié (1).
Après l'avoir feuilleté un moment, il s'arrêta à une
page évidemment marquée par la crasse avant de poursuivre
: " C'est un 'Moi' ayant subi un dressage. Il n'a
rien de spontané, mais il permet une vie en commun.
Voilà, maintenant foutez moi la paix ". Mais remarquant
notre remarquable absence de remarque remarquée, il
nous fit remarquer en guise de conclusion, qu'à de
nombreuses questions posées par un étudiant à son
" camarade ", telles que: " As-tu compris le cours
? As-tu le cours ? Pourrais-tu m'indiquer le cours
? Avons-nous demain cours ? A t-on distribué les polycopies
de cours ? " et autres phrases finissant par le mot
"cours ", les sujets-type répondent invariablement
et dans les condition les plus extrêmes de température
et de pression psychologique par un " Non " franc
et assuré, agrémenté d'une moue faussement compatissante
et désemparée (semblant dire : Halti ki Haltek, Teghlate
Naâfssek) sans oublier l'éternel rictus machiavélique
qui aurait fait assurément rougir le plus célèbre
secrétaire de la république de Florence. Dans son
étude, le Pr.R.S conclut ainsi : " Si l'éducation
permet la transformation d'un " Moi " instinctif en
un " Moi " social, comment expliquer que des étudiants
supposés éduqués aient un comportement aussi vil et
dégradant, si ce n'est en remettant en cause l'éducation
même qu'ils ont reçue dans ses plus profonds soubassements.
Ce comportement qui est assurément tributaire d'éléments
sociologiques évidents et déviants est le résultat
d'une nouvelle forme d'éducation, où la signification
et la conscience du bien et du mal dans leur ensemble
sont terriblement ébranlées, où l'échelle des valeurs
et la capacité de jugement sont frelatées, où la culture
sociale revêt les formes les plus abjectes et les
plus contrefaites.
Ces dernières se répandent et s'intègrent à l'innéité
pour finalement signifier dans leur ensemble " La
" nouvelle culture sociale, cette culture de l'inculture,
la culture du chaos. Celle ci (cette forme d'éducation)
par un apprentissage faussé et un contexte culturel
tronqué façonne un inconscient personnel et collectif
altéré, modifié, où la valeur des choses est corrompue,
où le " Sur-moi " comme inversé refoule vers les abysses
du subconscient l'acceptable, l'admissible, le bien,
la morale, les convenances et toutes ces " règles
" qui font d'une personne, d'une idiosyncrasie rêche,
d'une individualité égoïste, la composante pensante
et agissante, membre d'une société évolutive qui saura
préserver ses particularités.
Cette inversion a pour conséquence la néantisation
de toute sociabilité pour ne plus tolérer que l'expression
de l'inacceptable, de l'infâme. Expression dont nous
constatons les ravages tous les jours, à toute heure
et en tout lieu, lorsque nous sommes en amphi, lorsque
nous prenons le bus ou encore en faisant nos courses
. " Avant de nous quitter, le Pr. R.S, manifestement
ému par notre grand intérêt (qui n'était pourtant
que la manifestation silencieuse d'un ennui avéré),
nous avoua en se bidonnant que cette étude était bidonnée
et qu'il n'avait fait que du copier / coller à partir
d'études diffusées sur le Net.
Dommage que notre illustre professeur n'ait pas compris
que sa conclusion s'adresse d'avantage à lui qu'à
des étudiants abrutis. Car au fond, notre professeur
de mauvais aloi n'était-il pas l'étudiant pousseur
d'autrefois ?
(1): Selon des sources discordantes et généralement
mal informées, il semblerait que le bouquin en question
soit de taille et de couleur normales, comprenant
des dizaines de pages numérotées où sont imprimés
des centaines de mots. Précisons enfin qu' il est
à préciser que le prix n'a pu être précisé avec précision
précise.
S.J.
Quidam
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