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ASTHME
ET NATATION
Une étude britannique (Kuehni and col. - Leicester)
s'est intéressée à l'évolution sur huit années (1990-1998)
de la prévalence de l'asthme sur une population jeune.
Cette étude prospective a montré que l'asthme est en augmentation
constante.
Les cas d'asthme diagnostiqués passent de 11% à 19%.
Il n'est pas étonnant de trouver cet ordre de prévalence
chez les jeunes nageurs.
£ Il faut reconnaître que l'asthme fait partie des
maladies émergentes favorisées par les facteurs environnementaux.
L'asthme touche toutes les tranches d'age, mais il débute
souvent pendant l'enfance.
C'est une maladie qui se caractérise par une respiration
sifflante, une toux sèche irritante et survenant de préférence
la nuit, une sensation d'oppression thoracique et un essoufflement.
Deux facteurs provoquent cette maladie dyspnéisante: · Les
déclencheurs qui irritent les bronches et entraînent un
rétrécissement du calibre bronchique et parmi lesquels on
note la fumée de tabac, l'air froid, les polluants externes
et la pollution intérieure domestique, les perturbations
émotionnelles et l'effort physique mal conduit. · Les inducteurs
sont les véritables causes de l'inflammation et de l'hyperactivité
bronchique qui est une sensibilité particulière de l'arbre
bronchique probablement de nature génétique et qui répond
brusquement à toute agression allergénique.
La prévalence de l'allergie est de 20% à 45% de la population.
Les allergènes inhalés les plus courants sont les acariens,
qui sont présents dans les tapis, les moquettes et les matelas,
ils sont extrêmement sensibles à l'hygrométrie et à la température;
les phanères d'animaux, essentiellement le chat dont les
particules allergéniques salivaires sont d'un diamètre infime,
donc très dispersibles, présentes sur les vêtements et pouvant
persister longtemps même après le départ de l'animal; les
blattes dont la sensibilisation est variable selon les continents
constituent l'allergie des quartiers insalubres.
Les moisissures sont des allergènes atmosphériques dans
la majorité des cas. Les infections respiratoires virales
constituent un volet important dans la survenue de l'asthme.
Les allergènes alimentaires peuvent être aussi une cause
de l'aggravation de l'asthme.
L'asthme étant une maladie de toute une vie, il est important
de connaître bien sa maladie.
Les crises d'asthme induites par les allergènes ou par l'exercice
physique se développent subitement, alors que celles dues
aux infections virales s'installent lentement.
Pendant des années, et même actuellement, on dispense les
asthmatiques des activités physiques et des sports d'équipe.
Chez l'enfant l'exercice physique améliore le bien être
physique et psychologique.
La natation constitue l'un des sports favoris des enfants
asthmatiques et beaucoup de nos médaillés olympiques font
partie des 20% de la population asthmatique. La prise en
charge de l'asthme et particulièrement du bronchospasme
induit par l'effort, peut s'exprimer ainsi: éviter l'exercice
physique en présence de symptômes ou de difficultés respiratoires
et corriger l'état inflammatoire bronchique en ajustant
la corticothérapie et en administrant les bronchodilatateurs
pour une courte période; éviter les facteurs environnementaux,
autant que faire se peut, comme les allergènes et les polluants
atmosphériques: SO2 - NO2 - Ozone; éviter l'entraînement
par temps froid et sec; éviter certains aliments avant un
entraînement physique vigoureux (arachides, amandes, blanc
d'œuf, banane, kiwi, moutarde); débuter la préparation physique
avec une période d'échauffement de faible intensité et d'une
manière progressive suivie d'exercice d'étirements; Le bronchospasme
survient le plus souvent lors d'activité aérobique type
endurance; Une activité physique soutenue et de longue durée
exécutée à un pourcentage élevé de capacité aérobique (vo2
max à 75%) entraîne un bronchospasme important; ne pas négliger
la maîtrise du stress émotionnel et enfin adapter le traitement
à chaque niveau de l'état asthmatique.
Une prise en charge de l'asthme repose sur l'utilisation
de médicaments anti-inflammatoires essentiellement associés
à des bronchodilatateurs prescrits pour soulager les symptômes
occasionnels ou immédiats.
On utilise comme médicaments de secours les bronchodilatateurs
béta-2-agonistes avant de faire de l'exercice ou d'être
exposé à un déclencheur de l'asthme.
On considère que quelques bouffées de salbutamol, de fenoterol
ou de terbutaline sont suffisantes pour prévenir un bronchospasme.
Les anti-inflammatoires constituent le traitement de fond
de l'asthme.
Il existe deux types de médicaments anti-inflammatoires:
- stéroïdes: le beclomethasone, le budesonide, le flunisolide,
la fluticasone - non stéroïdiens: le cromoglicate sodique
et le nedocromil une nouvelle classe de médicaments, les
anti-leucotrienes, vient s'ajouter à l'arsenal thérapeutique;
pris sous forme de comprimés, un le soir au coucher, un
tel médicament permet de réduire de 50% à 60% le recours
aux aérosols de corticoïdes.
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