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Du peuple en général, et des étudiants en particulier

Un peu partout à travers le globe, l’université est perçue comme un foyer contestataire, en perpétuelle ébullition; une source de changements, d’idées et de concepts révolutionnaires, en plus de sa vocation première qui est d’être un lieu d’apprentissage, de réflexion d’échanges et de création. Et c’est pourquoi, tout au long de l’histoire contemporaine, les dictateurs et despotes de tous bords se sont acharnés -souvent sans sucés- à réduire au silence cette entité dérangeante qu’est la communauté universitaire.
Je me suis souvent demandée comment l’étudiant Algérien
des années70, défenseur des droits de l’homme et des libertés individuelles, assoiffé de justice, de vérité et de liberté, n’a su céder sa verve et sa passion aux générations lui succédant; car, il faut bien l’admettre, il s’en est fini de cette époque où les étudiants étaient unis, solidaires, discutant la moindre décision administrative, se souciant peu ou pas du tout de la répression, en ces temps où la langue de bois faisait loi. De nos jours, l’étudiant baigne dans une inquiétante apathie, indifférent et individualiste, soumis à toutes les décisions, même les plus arbitraires, ignorant ses droits, conditionné et vivant aux rythmes des examens. Nous avons toutefois eu à vivre, çà et là, de timides mouvements de contestations, mais sitôt amorcés, étouffés par les menaces et chantage des aînés, qui bien souvent, ont délégué aux oubliettes leur passé estudiantin, et qui ne croient toujours pas aux vertus du dialogue. Ceci ne se veut en aucun cas un procès des jeunes universitaires car, en y regardant de plus près, on est bien forcé d’admettre qu’ils ne sont ni moins doués, ni moins brillants que leurs prédécesseurs. Que se passe-t-il donc?
Eh bien, il se passe le même phénomène qu’à l’échelle nationale, à tous les niveaux et dans tous les secteurs de la vie publique et sociale: l’Algérien a perdu confiance.
On a tué en lui l’espoir, et l’espoir, c’est la vie...


SISSI


 





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