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TIREZ
LA LANGUE OUI MAIS LAQUELLE ?
Tout
peuple, toute science, toute personne possède une
langue un dialecte orale ou écrite avec laquelle
il communique, réfléchit, sépanouit,
en somme avec laquelle il vit.
En Algérie cela nest pas une évidence.
Depuis tout petit déjà on est balancés
entre une multitude de langages:ça commence par la
langue des parents à la maison et celle de la voisine
qui nous garde la journée, celle de la grand mère
quon voit daïd en aïd, puis vient
celle des camarades de classe et celle de la maîtresse
qui elles aussi sont différentes. A ce stade déjà
ce nest pas facile de sy retrouver. Alors quand
un peu plus tard sy ajoute la langue de la parabole,
et celle du prof danglais dont le parlé narrive
pas à cacher son origine kabyle, celle de AMIN MAALOUF
et de BORIS VIAN quon trouve dans la bibliothèque
des parents, et celle des poèmes du livre darabe
quon est obligésdapprendre phonétiquement
faute de ne rien y comprendre, et encore et encore...
Alors lon se pose réellement la question :
quelle est ma langue ? ou plutôt quest
ma langue ? que sais-je parler et surtout que sais-je écrire
quand je ne suis même pas capable de comprendre la
moitié du journal télévisé algérien,
ni capable décrire une lettre administrative
sans consulter le dico ! Sagit-il de multilinguisme
ou de pauvreté du langage ? Est-ce la faute à
nos parents qui nous ont transmis leur langue?
Est-ce la faute à lécole algérienne
qui après 12ans denseignement darabe,
9ans de français et 9ans danglais a fait de
nous des orphelins du langage ?
ou encore la faute à notre état qui est lun
des seul au monde à imposer une langue officielle
qui nest pas celle du peuple
L.G.
manitou
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