|
Halte au Bricolage!
L'affichage des notes - opération somme toute des plus banales - n'a cessé de défrayé la chronique ces derniers jours en raison d'un manque flagrant d'organisation et d'un déficit incontestable de communication de la part de l'administration. Désordre tragi-comique qui a pris d'abord une ampleur gravissime avec l'exclusion d'une centaine d'étudiants des examens du 2e EMD, puis finalement une tournure pathétique avec le revirement inattendu de l'administration qui a pris sur le tard, la mesure de ses dispositions inadéquates et illogiques.
Car, est-il nécessaire de rappeler que c'est avec un espoir où se confond le doute que l'étudiant attend patiemment que sa note lui soit enfin révélée ; et qu'importe alors, si celle-ci est bonne ou mauvaise; le fait de " savoir " est en lui même un soulagement qui permet à l'étudiant de mieux
appréhender les échéances à venir. Pourtant, n'ayant cure de ce
genre de considérations
manifestement jugées comme des superfluités, l'imbroglio organisationnel continue à sévir
caractérisant une fois de plus l'affichage des notes. En effet, celles-ci furent dans un premier temps affichées, pour être aussitôt énergiquement retirées, après avoir subi l'assaut d'étudiants incivils, manifestement terrorisés par ce fameux " Mauvais Œil Ravageur " aux prétendus pouvoirs maléfiques. Mais comble de l'absurde, ces étudiants loin de se contenter d'effacer leurs propres nom et note, s'en prennent également à ceux de leurs camarades, les privant ainsi du bonheur ineffable ou du malheur inénarrable que procure un 16 ou un 6.
L'administration quant à elle, par le biais du Directeur du Département de Médecine, a qualifié ce comportement de " Déplorable ". Monsieur le Directeur nous a par ailleurs assuré que des vitrines seraient prochainement installées dans le but de faciliter et de mieux organiser l'affichage.
Mais il n'en demeure pas moins que si des mesures concrètes tardent à être mises en place, l'administration semble pour l'instant vouloir faire dans l'absurde en excluant puis graciant les étudiants mis en cause. Chose totalement aberrante, puisque les noms et résultats sont à " l'air libre " et par conséquence à la portée du premier stylo malintentionné. Comment dans ces conditions être sûr que c'est l'étudiant lui-même qui a effacé sa note et non pas un tiers? Un non sens de plus qui exacerbe incontestablement la colère des étudiants jusque là désabusés et passifs. Il est injuste et fallacieux de désigner l'étudiant comme l'éternel coupable lorsque le bricolage prévaut et que la logistique fait défaut.
C'est avant tout la responsabilité exclusive de l'administration de permettre à chaque étudiant de prendre connaissance de sa note dans les meilleures dispositions possibles, mais également - chose tout aussi importante - dans les meilleurs délais.
Car renseignements pris il y a de cela quelques jours alors que la menace de l'exclusion n'avait pas encore été mise à exécution et la " grâce " non encore prononcée, il semblerait que notre Directeur, vraisemblablement animé par les meilleures intentions, n'a pu accélérer la cadence des corrections. Ce dernier, récemment installé et officiant pour le moment à titre bénévole, ne semble guère disposer des prérogatives traditionnelles d'un Directeur de Département, en raison de son double statut de professeur et de Directeur qui fait de ses collègues
également ses administrés.
Difficultés auxquelles viennent s'ajouter, toujours selon lui, des ennuis d'ordre technique qui ont retardé l'affichage des résultats d'anatomie, pourtant disponibles 15 jours
à l'avance. Mais cela dit, nous insistons sur le fait qu'il est inacceptable qu'un Département aussi important que celui de Médecine, souffre de tant de maux, et qu'il puisse se suffire d'un Directeur intérimaire ne pouvant bénéficier de toute l'autorité requise pour remettre de l'ordre dans la maison, notamment auprès de ses collègues Professeurs. Il est évident qu'en disant cela, ce ne sont pas les personnes que nous incriminons mais un système défaillant et erratique qui loin de se redresser continue inlassablement à vaciller dangereusement. L'incurie administrative doit cesser et ne plus être considérée de part et d'autre comme vénielle.
Nous ne voulons plus de l'acrimonie de vos agents et ne supportons plus cette coercition tacite et étouffante qui nous accule à accepter non pas le meilleur mais le moins mauvais. Demandez le respect lorsque nous serons traités de même, exigez l'ordre lorsque vous saisirez son sens et appelez à la responsabilité lorsque les scellés protégeront les sujets. Mais peut-être serait-il plus judicieux de suivre l'exemple de certaines universités où les étudiants ne sont plus apathiques et conquièrent leurs droits au prix d'une lutte intelligente et fédératrice.
Nous espérons que les dispositions prises par le nouveau Directeur mettront un terme à la légèreté administrative des mois précédents et contribueront à tempérer le climat de méfiance régnant entre les étudiants et leur
Administration.
Meriem.A et Nazim.J
|